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La France reconnaît la filiation des enfants nés par maternité de substitution à l'étranger

La plus haute cour de France reconnaît désormais les deux parents d'enfants nés par maternité de substitution à l'étranger. Voici ce que cette décision signifie pour les couples homosexuels.

RainbowNews Redactie8 juillet 2026 — International3 min de lecture
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Photo : Rédaction RainbowNews

La plus haute cour française a décidé que les deux parents intentionnels d'un enfant né par maternité de substitution à l'étranger peuvent être reconnus légalement en France. La Cour de cassation a confirmé cette décision le 26 juin 2026. Cette décision met fin à des années d'incertitude juridique pour les couples de même sexe et autres familles ayant eu recours à la maternité de substitution.

Le tribunal a dit que les autorités françaises doivent transcrire complètement les certificats de naissance étrangers. Cela inclut le nom du deuxième parent, même si ce parent n'a aucun lien biologique avec l'enfant. La décision s'applique aux couples homosexuels masculins, aux pères célibataires et aux couples hétérosexuels.

Ce que le tribunal a décidé

L'affaire concernait un couple français dont l'enfant est né par maternité de substitution aux États-Unis. Le certificat de naissance américain listait les deux hommes comme pères. Les officiers d'état civil français avaient refusé d'enregistrer le deuxième père, arguant que cela violait l'ordre public français.

La Cour de cassation a rejeté cette position. Les juges ont décidé que refuser de reconnaître le deuxième parent nuisait au droit de l'enfant à une identité juridique stable. Le tribunal a cité l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme, qui protège la vie familiale.

Dans sa décision écrite, le tribunal a affirmé que « l'intérêt supérieur de l'enfant exige la transcription complète du certificat de naissance étranger ». Cette décision s'impose à tous les tribunaux inférieurs et officiers d'état civil français.

Comment la loi fonctionnait avant

La maternité de substitution est interdite en France depuis 1994. L'article 16-7 du Code civil déclare les contrats de maternité de substitution nuls et non avenus. L'interdiction s'applique à la maternité de substitution altruiste et commerciale.

Les citoyens français voulant un enfant par maternité de substitution voyageaient à l'étranger. Les destinations populaires incluaient les États-Unis, le Canada et l'Ukraine avant la guerre. À leur retour en France, ils se heurtaient à un mur juridique. Les autorités refusaient souvent d'enregistrer l'enfant comme français. Si elles le faisaient, seul le parent biologique était listé.

Le deuxième parent n'avait aucun lien juridique avec l'enfant. Ce parent ne pouvait pas prendre de décisions médicales, chercher l'enfant à l'école ni hériter selon les règles normales. En cas de décès ou de séparation, l'enfant pouvait perdre le contact avec un de ses parents.

Les couples homosexuels masculins étaient les plus affectés. Depuis 2013, la France permet le mariage entre personnes de même sexe et l'adoption conjointe. Mais pour les enfants nés par maternité de substitution à l'étranger, l'adoption était lente, chère et incertaine. Certains couples attendaient des années une décision judiciaire.

Ce qui change maintenant

Les officiers d'état civil en France doivent maintenant enregistrer les deux parents d'un certificat de naissance étranger valide. La transcription est automatique si le document étranger passe les vérifications d'authenticité standard. Les parents n'ont plus besoin de lancer une procédure d'adoption séparée.

Le changement a des effets concrets :

  • Les deux parents ont l'autorité parentale complète dès le départ
  • L'enfant reçoit la nationalité française par l'un ou l'autre parent
  • Les droits de succession s'appliquent également aux deux lignes parentales
  • La sécurité sociale et les allocations familiales couvrent les deux parents
  • Les écoles et hôpitaux doivent reconnaître les deux parents

La décision ne légalise pas la maternité de substitution en France. L'interdiction de 1994 reste en vigueur. Les citoyens français doivent toujours voyager à l'étranger, et la pratique doit être légale dans le pays où l'enfant naît.

Réactions des deux côtés

Les groupes de familles LGBTQ+ ont accueilli favorablement la décision. L'Association des Familles Homoparentales (ADFH) l'a appelée « une étape longtemps attendue pour la sécurité juridique ». Les avocats qui ont travaillé sur l'affaire ont dit que des centaines de familles attendaient cette clarification.

Tout le monde n'est pas d'accord. Des groupes conservateurs, incluant La Manif Pour Tous, ont critiqué la décision. Ils affirment que reconnaître la maternité de substitution à l'étranger affaiblit l'interdiction nationale. « La France ne peut pas interdire la maternité de substitution chez elle et l'accepter par la porte de derrière », a déclaré le groupe.

Certains juristes partagent cette inquiétude. Ils avertissent que la décision peut pousser plus de couples à utiliser la maternité de substitution à l'étranger. D'autres disent que le tribunal a simplement appliqué la jurisprudence européenne établie. La Cour européenne des droits de l'homme a statué plusieurs fois, à partir de Mennesson c. France en 2014, que la France doit reconnaître le lien de filiation des enfants nés par maternité de substitution.

Comment la France se compare à ses voisins

Les pays européens traitent la maternité de substitution de manières très différentes. La carte ci-dessous montre les approches principales.

PaysMaternité de substitution interneReconnaissance de la maternité de substitution à l'étranger
FranceInterditeReconnue (décision 2026)
Pays-BasAltruiste uniquementAu cas par cas
AllemagneInterditeReconnaissance limitée
BelgiqueNon réglementéeGénéralement reconnue
ItalieInterdite, y compris à l'étrangerRefusée
EspagneInterditeRefusée depuis 2024
Royaume-UniAltruiste uniquementReconnue par ordonnance parentale

L'Italie a évolué dans la direction opposée. En 2024, le parlement italien a criminalisé l'usage de la maternité de substitution à l'étranger. La Cour suprême espagnole a également durci sa position. La France est maintenant plus proche de la Belgique et du Royaume-Uni sur cette question.

Mesures pratiques pour les familles

Les parents qui ont eu recours à la maternité de substitution à l'étranger et ont été bloqués avant peuvent maintenant demander une transcription complète. La demande va au registre civil de Nantes, qui gère tous les certificats de naissance étrangers pour les citoyens français. Les dossiers refusés par le passé peuvent être réexaminés.

Les experts juridiques conseillent aux familles de rassembler le certificat de naissance original, un apostille ou une légalisation, et toute décision judiciaire du pays de naissance. Une traduction par un traducteur assermenté est requise.

Les familles dans d'autres situations peuvent également trouver des comparaisons utiles dans notre aperçu de la décision italienne reconnaissant trois parents juridiques et comment la Cour suprême du Japon examine le mariage entre personnes de même sexe. Pour ceux qui ont fui la discrimination, voir aussi les droits d'asile pour les réfugiés LGBTQ+ en Europe.

Ce qui vient ensuite

Le gouvernement français n'a pas annoncé de plans pour changer l'interdiction nationale. Le ministre de la Justice Gérald Darmanin a dit que la décision « clarifie la situation pour les enfants déjà nés » mais n'ouvre pas la porte à la maternité de substitution en France. Un débat est attendu lors de la campagne présidentielle de 2027.

Pour des milliers d'enfants vivant déjà en France, le résultat pratique est simple. Les deux parents sont maintenant, enfin, leurs parents juridiques.

RR

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